Par Vanessa

1/ Salutations ! Pour commencer on va retracer vos 30 ans de carrière : où et comment tout a débuté ? Le choix des fûts en guise d’instruments ? L’actuel line-up ?

Salut Vanessa, et tout d'abord merci pour cette très belle chronique. Les Tambours du Bronx ont commencé il y a 31 ans comme une blague, un événement qui devait être unique pour un festival, avec une bande de potes. Issus d'une cité cheminote, ils avaient accès aux bidons de la SNCF, et l'un d'entre eux avait été fasciné par Les Tambours du Burundi... Le line-up a pas mal évolué depuis même si nous avons toujours quelques membres originels (je tiens à préciser que nous sommes bel et bien un groupe avec un line-up qui a inévitablement changé en plus de 30 ans et pas un collectif.).

 

2/ Sur votre nouvel album, "Weapons of mass percussion", vous avez du beau monde : Franky Costanza (ex-Dagoba, Blazing War Machine) à la batterie, Stéphane Buriez (Loudblast, Sinsaenum) et Reuno Wangermez (Lofofora) au chant, et Arco Trauma (Chrysalide, Sonic Area) au clavier. Comment se sont faites ces rencontres et ces collaborations ?

Franky nous a commandé un DVD il y a quelques années, sur notre shop, et comme on s'y connait quand-même pas trop mal en métal, on s'est dit "Mais c'est le batteur de Dagoba !!". Donc on a glissé une petite blague avec son envoi "Si tu te fais chier avec Dagoba, tu peux venir chez nous". Bref, nous n'étions pas au courant que nous ne tombions pas si loin et ça l'a fait rire. Peu de temps après on s'est rencontrés à Marseille, puis chez nous, avec cette envie de faire quelque chose ensemble.

Quand on a fini d'écrire l'album, on s'est tous dit qu'il manquait un chant, et des textes, des vrais. Qu'il faudrait un chanteur charismatique avec une belle plume... Mais qui ? On s'est beaucoup creusé les méninges, et un ami nous a dit "Mais c'est Reuno qu'il vous faut !". Oui c'était une évidence, mais de là à le convaincre... Bref, j'ai eu son N°, je l'ai appelé et il m'a répondu qu'il était flatté, qu'il n'avait pas le temps, mais qu'il le ferait quand-même (pas envie de passer à côté). Il avait peur de ne pas être disponible pour chaque date et c'est lui qui nous a proposé Stef Buriez, qui a adhéré tout de suite également. (A titre personnel, j'ai vu les débuts de leurs deux groupes étant jeune, je n'ai pas été très difficile à convaincre).

Arco Trauma a fait notre première partie à Strasbourg il y a quelques années et j'avais été bluffé par ses sons, son charisme, son univers visuel et... sa gentillesse après dans les loges. Notre clavier de toujours ayant quitté le navire au début du projet WOMP, j'ai tout de suite pensé à Arco.

 

3/ Et le choix du titre de cet opus, qui l’a eu et pourquoi ?

C'est Franky qui nous l'a proposé. Tout s'est fait très vite sur ce projet et cet album. Quand il a fallu trouver un titre très rapidement, il a été le premier à dégainer. Et ça nous plaisait bien, ça résume plutôt bien ce qui se passe sur scène (depuis toujours...). Une allusion à "l'ambiance mondiale" et un descriptif très juste de notre univers musical.

 

4/ Parlez-nous un peu de "W.O.M.P" : qui a signé l’artwork ? Pourquoi avoir choisi de vous orienter vers des sonorités plus metal indus ? Comment se déroule la phase de composition chez les Tambours du Bronx ? Et les autres guests (Renato Di Folco et Apolline Magnet), comment le choix s’est porté sur eux ?

C'est Fabien "Fabi" Courtoux qui a dessiné la pochette et le logo. Un ami à nous qui aimerait en faire son métier.

Nous sommes orientés indus depuis toujours ou presque. Nous n'avons jamais appréhendé la percussion comme des percussionnistes mais comme des rockeurs. Nous n'avons respecté aucune règle... Et nous tapons sur des bidons. Rapidement pour faire évoluer l'expérience, nous avons rajouté des samples, ce qui nous a permis d'être plus "mélodique" tout en conservant cette masse de bidons. Le metal-indus a finalement toujours été notre univers, mais sans instruments.

Pour WOMP, et nos 31 ans d'existence, nous avons ressenti le besoin d'un changement radical, d'une mise en danger, sortir de sa zone de confort. Surprendre, et ne plus avoir peur de choquer... ça et le plaisir que nous avions à jouer avec Sepultura, ce goût d'inachevé avec eux (trop complexe financièrement et logistiquement pour réellement tourner).

Franky était prêt, nous étions prêts, on s'est lancés tête baissée dans la compo et l'album est né en quelques mois seulement.

La composition chez nous c'est maintenant la plupart du temps une ou deux personnes sur ordinateur puis écoute et retravaille avec tout le monde quand le morceau est validé. Pour ce projet ça a été une partie de ping-pong entre notre studio, celui de Franky, puis encore différents studio avec Stef/Reuno, et encore Arco. Une méthode très efficace finalement et peu coûteuse.

Stéphane nous a présenté Renato parce que ni Reuno ni Stef n'étaient disponibles sur un festival que nous avions signé depuis longtemps. Je ne connaissais pas, mais Flayed nous a tapé dans l'œil. Le bonhomme est charismatique, un vrai tueur au chant, extrêmement motivé et comme un poisson dans l'eau avec nous (ce qui n'est pas évident pour tout le monde) ! C'est officiellement notre troisième chanteur.

Apolline, et son groupe Plastic Age, j'ai produit leur démo, puis leur EP, puis leur album. Elle est très douée, très motivée également. Dès que j'ai besoin d'un chant féminin je fais appel à elle. Elle répond toujours présente. Pour cette reprise, c'était l'évidence. Elle a même eu le "courage" de venir défendre le titre avec nous sur scène. (Tant pour Renato qui n'a jamais répété avec nous ou Apolline, je parle de courage, parce que monter sur scène avec les Tambours est très très impressionnant, même pour des "vieux de la vieille". La horde, la rage, le niveau sonore, les mailloches qui volent et qui peuvent blesser, etc.)

 

5/ Vous avez fait deux reprises sur cet album : "The day is my enemy" de The Prodigy et "Requiem pour un con" de Serge Gainsbourg : qu’est-ce qui vous a motivé à en faire votre version et pourquoi ces chansons ?

The Prodigy a été le labo du projet. Quand leur album est sorti, tout le monde nous a demandé si The Prodigy avait fait une reprise des Bronx. Ce à quoi nous répondions que The Prodigy ne savait probablement même pas que nous existions. Mais c'est vrai qu'il y a quelque chose de frappant, de Bronx sur ce morceau. Ça faisait longtemps que nous avions envie de faire une reprise sans avoir laquelle. Ce fut l'évidence. Et donc le labo, puisque nous avons expérimenté les débuts de WOMP avec ce morceau (et un clip toujours inédit).

Requiem à la base est un morceau des Tambours à part entière, avec une rythmique inspirée, il est vrai, de... Gainsbourg. Reuno trouvait évident de chanter le "Requiem pour un con" dessus et force est de constater qu'il avait vu juste !!!

 

 

6/ J’ai pu lire que votre studio est au sein d’une véritable base d’opération, pouvez-vous nous parler de l’environnement dans lequel vous travaillez ?

En pleine campagne ! Fort heureusement, avec très peu de voisins, éloignés et compréhensifs. Nous avons racheté une ancienne petite usine. Nous y avons nos locaux. Bureau, studio, salle de répète (encore à améliorer parce qu'il y fait très froid l'hiver et très chaud l'été...), stockage des bidons (ça prend beaucoup de place, on en consomme énormément), etc. ça sonne classe mais nous avons tout retapé nous-mêmes, et nous n'avons pas terminé. 

 

7/ Cette année vous avez été à l’affiche du Motocultor avec Sepultura, comment cela s’est passé ? Qu’avez-vous ressenti avant, pendant et après le show ?

Une pression monumentale. Nous n'avions rien préparé, ni d'un côté ni de l'autre. Absence de com entre prods... Nous ne savions pas comment notre propre spectacle serait accueilli. Andreas était un peu tendu par la situation, le fait "d'improviser" ce feat. Même si le fait de jouer ensemble quand nous partageons la même affiche est une évidence, ça reste complexe et l'absence de préparation avait rajouté une bonne pression à tout le monde.

Finalement, nous avons été accueillis par un public génial, ça nous a bien "revigoré". Et quand on a rejoint Sepultura, dès les premières mesures de "ROOTS", tout est revenu comme par enchantement, comme si on n'avait jamais cessé de jouer ensemble. On a tous ressenti, eux comme nous, à nouveau ce frisson...

 

8/ Vous êtes demandé sur des participations diverses, que cela reste dans le classique, l’original, le prestigieux, le simple. Avez-vous déjà refusé une collaboration et si oui, sans citer le nom si vous ne le souhaitez pas, pourquoi ? Et avez-vous des gens avec qui vous souhaiteriez collaborer avec qui ce n’est pas encore fait ?

Nous avons déjà refusé, oui. Et il y a certainement beaucoup de monde avec qui nous aimerions collaborer. Nous sommes très friands de featurings. C'est notre planning, le portefeuille, et l'humain qui parlent. Il faut, quel que soit le style musical, que ça colle entre nous pour commencer. Puis vient l'envie, ou pas, de partager quelque chose musicalement. Ensuite il faut que ce soit possible financièrement et qu'on ait le temps. Nous sommes très nombreux, donc forcément, si on doit nous déplacer, nous loger, nous nourrir, c'est un budget. Il y a aussi une certaine inertie liée à notre nombre, tant au niveau de certaines décisions à prendre, qu'au niveau de l'apprentissage de morceaux.

 

9/ Et maintenant, quelle est votre actualité et quels sont vos projets ?

Notre actualité c'est WOMP. Faire vivre cet album comme il le mérite, le défendre sur scène. Nous avons une belle tournée qui se monte pour 2019, et nous aimerions bien repartir à la conquête de l'international (qui nous manque un peu ces dernières années). Ce sera également travailler un nouvel album qui devrait marquer un renouveau de notre show "classique".

 

10/ Merci pour vos réponses, c’est un grand plaisir que d’avoir pu vous interviewer, à vous la conclusion :

Merci à toi. J'ai mal aux doigts (haha, j'ai répondu le plus spontanément possible). Je retourne à mon mix.

https://www.facebook.com/tamboursdubronx/

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